Champs Marins
 7 chants marins pour voix d'hommes et piano 2014

Le plaisir de l'allitération chère à Maurice Ravel ! Un titre fait une œuvre. Je cherche en permanence des idées originales, comme tout artiste, tout en essayant de rester dans des concepts universels. Mais dans ce processus bizarre, complexe et incontrôlable, une règle est devenue basique dans mon travail. Car un constat s'en suit toujours : quand je n'ai pas de titre, je n'ai pas de sujet ou inversement et je n'ai donc pas d'idée pour amorcer la pompe cérébrale. Cela semble une évidence... mais pas autant qu'on pourrait le croire tant on peut digresser souvent avec les mots et les notes, sans fin. Par opposition, le titre original trouvé entraîne toujours la cascade de la création derrière lui, structurée, cohérente. J'irai même plus loin dans ce registre. Quand on n'a pas de titre, c'est qu'on a pas d'idée(s) ou de substance(s) donc qu'on n'a rien à dire. Il faudrait en rester là ! Vouloir écrire des œuvres (musicales) et les patronner par un titre historiquement récurrent (sonate, concerto, symphonie...) sans avoir d'autre thème d'expansion spirituel que celui de la généalogie historico-artistique du style et du genre me paraît fâcheux, car la création artistique doit parler de et à son temps, des questions qui le sous-tendent. Sinon, ex abrupto, à quoi peut-elle donc servir à ses contemporains et au futur ? Pourrait-on nommer un livre par le seul titre roman ou poésie ou un film par les génériques court ou long métrage ou documentaire ? Cela ferait pauvre...

Par passion écologiste et maritime, je suis inquiet pour la planète, sa dégradation causée par l'homme, les activités polluantes (pas toutes), les puissances financières sans scrupules (pas toutes) tout en étant un esprit libéral qui aime par-dessus tout l'entreprise et la créativité, l'invention, le génie que j'admire dans notre modernité galopante et dont je profite à fond. Une société n’est jamais parfaite et ne doit pas l’être sous peine de devenir rapidement dictatoriale. Mais le recyclage et l’enseignement des bonnes mœurs écologiques peuvent permettre de garder longtemps un monde propre, malgré leur coût négligeable comparativement au respect et la conservation de la vie, de la biodiversité. A quoi servirait-il de faire des affaires dans un monde mort ? Comment financer l'écologie et les services publics sans création de richesse liée à une société libérale ? Impossibles et contradictoires challenges, en apparence !

  
Je ne suis donc pas du tout un écologiste opposé au progrès technologique et économique, contrairement à certaines postures intransigeantes. Je connais l'histoire de ces mouvements d'idées. J’ai comme chacun constaté que le progrès technologique allait de pair avec le progrès écologique, bien qu‘exista toujours un petit délai entre les deux occurrences. Bien entendu le retour à l'âge des cavernes ne présente aucun intérêt après avoir goûté aux moelleux matelas de nos époques, à l'eau courante, à l'électricité, aux transports individuels et collectifs, à l’alimentation saine, riche et diversifiée, aux médicaments, à la communication quasi instantanée avec les coins les plus reculés de la planète et du système solaire. L’espérance de vie à la naissance a été multipliée par 2,5 grâce à eux en 200 ans. Il serait pourtant plus que nécessaire que notre société, nous tous individuellement, apprenne systématiquement à faire attention au bilan de pollution de toute activité. Cela coûte cher - encore que cela devient facile quand on s'y met quotidiennement comme le brossage des dents - mais la nécessité d’une attitude individuelle et d’une politique collective pour le futur concernant la sauvegarde de notre environnement est devenue centrale comme sera nécessaire un retour à un animisme ancestral adapté à notre époque pour que la civilisation humaine ne tourne pas au désastre dans un futur proche. Car nous ne sommes pas seuls sur cette Terre, on l'avait compris bien qu'un peu oublié.

Je suis un adepte forcené des centres de recyclage qui font fureur désormais dans nos contrées et je trouve l’invention merveilleuse comparativement à ce qu'étaient nos campagnes dans mon enfance. De véritables dépôts d'ordures à ciel ouvert, partout. C’était immonde ! Vous ne pouviez jamais vous arrêter sur le bord d’une route ou sur une plage sans voir des immondices, des frigos, des bouteilles de gaz, des papiers gras, des emballages, des cadavres rouillés de voitures ou de machines à laver, des bidons d'huiles à peine fermés suintant le poison, etc. On trouvait même des dépotoirs de casernes en vadrouille au sommet des Pyrénées que j’escaladais à l’époque. Je ne vous parle pas du camp de base et du Col Sud de l'Everest, une horreur... La liste serait trop longue. Beurk ! J'en étais scandalisé, épouvanté dès l'âge de dix ans. La situation s’est aggravée… mais aussi améliorée. Notre civilisation entérine désormais le recyclage à grande échelle comme mode de gouvernement, même au milieu des vortex océaniques remplis de plastics macro ou microscopiques. De là date ma passion pour l'écologie et pour la nature impérieusement propre. C'est une question d'héritage ! Une période humaine de 200 ans ne peut moralement laisser aux générations futures et aux autres espèces une terre devenue poubelle alors qu'elle n'a reçu qu'un bail limité sur une nature quasiment vierge. Là aussi à ce sujet, il faut relativiser, arrêter d'exagérer et de dramatiser à outrance comme le font les complotistes maladifs, les idéologues verts et les médias habilités à la tâche avec musique dramatique comme support de l'émotion. Habitant des villes surpeuplées depuis lesquelles ils peuvent difficilement donner des leçons de savoir vivre, il s'y crée tous les stress, tous les mouvements philosophiques majeurs par contagion même les plus mensongers : tout l'environnement n'est pas devenu immonde.

J'ai voulu en ces chansons militer pour l'avenir de notre planète, avec mes moyens en disant l'amour que je porte à nos côtes, à leurs "champs marins". Ces images et réalités ont créé quelques figures de styles marrantes, iconoclastes, aux textes drôles pour un chœur de 4 voix d'hommes accompagnées d'un piano. Sont donc nés de cette homophonie dans ce style classique et populaire bien connu 7 Champs Marins (homophonie de chants marins pour les étrangers qui ne sont pas habitués aux jeux de mots de la langue française) qui décrivent 7 lieux qui m'ont particulièrement marqué en Normandie (un seul est en Bretagne, région que je connais un peu). C'était là aussi, comme pour beaucoup de mes œuvres, un rêve à réaliser. Un aphorisme populaire affirme : « Le pire pour un homme est de ne pas avoir réalisé ses rêves... ou de les avoir tous réalisés ». Je suis entre les deux catégories car j'ai encore du(es) champ(s), des idées, des projets, un capital à réaliser dans ma tête, une liste qui s'épuise étape par étape... Tant mieux ! Privilège de la vie. Composons, chantons, dansons, jouons de la musique ! Au bord de la mer dans les dunes, un soir d'été autour d'un feu avec des amis, c'est encore mieux !

 1.    Il a creusé son sillon T'Albert (Sillon de Talbert)

3'32"

 2.    Les prés salés (Baie du Mont Saint-Michel)

3'12"

 3.    Vaches au milieu de la mer (Iles Anglo-Normandes)

4'06"

 4.    Les tracteurs sur la plage (Arromanches)

2'45"

 5.    Fermes aquacoles (Côtes de la Basse-Normandie)

1'46"

 6.    Le jardin des poètes (Honfleur)

1'40"

 7.    Champs de cailloux (Étretat)

3'34"

 

 

Durée totale :

 20'30"









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