Mitologia do futebol brasileiro
 3 études pour guitare, 2013

Depuis ma rencontre avec le pianiste virtuose brésilien José Eduardo Martins sur le net dans les circonstances décrites dans le travail critique effectué sur son œuvre pianistique, Une réflexion sur la discographie du pianiste brésilien José Eduardo MARTINS, une grande amitié est née entre nous qui s'est matérialisée par une imposante correspondance où nous parlons de tout à bâtons rompus et surtout de musique, sujet inépuisable. Grace à lui, j'ai pu rencontrer depuis de nombreux musiciens de son pays. Parmi eux, un de ses anciens élèves de l’Universidade de São Paulo, Eduardo Meirinhos, maître brésilien de la guitare et Professor Dr. à la Escola de Música e Artes Cênicas da Universidade Federal de Goiás à Goiânia. Celui-ci m’a commandé de courtes études pour guitare en début d’année 2013. Je ne savais par où commencer et quoi écrire qui n’ait déjà été fait par les maîtres brésiliens en la matière, dont l'incomparable Heitor Villa-Lobos.

Au cours de l’été de cette même année, libéré des contrats en cours après avoir vu les retransmissions des matches splendides de la seleçao brasileira lors de la Coupe des Confédérations 2013 organisée au Brésil, j’ai enfin trouvé l’idée et le sujet : le football brésilien comme allégorie dramaturgique de la mythologie grecque antique transposée à notre époque. A un an de leur Coupe du Monde de 2014, il y avait déjà une effervescence énorme au pays, l’équipe nationale comme les joueurs se devaient de remporter le trophée suprême... En cas d’échec, la désillusion nationale serait immense, à la mesure des tailles géographique du pays et démographique du peuple. Tout là-bas est démesuré, à l’instar du faible nombre de joueurs de football au monde arrivant à contrôler l’icosaèdre tronqué avec autant de virtuosité, de rapidité et d’élégance que le joueur brésilien dans le feu de l’action. Son talent individuel au pied, mètre étalon universel qui s’apprend sur les plages mythiques et dans les favelas du pays, semble maintenant être passé dans les gènes. On dit qu'ils sont 500 à pouvoir briguer une place dans la liste de l'équipe nationale tant le niveau individuel est élevé. Dans le reste du monde, quand chaque pays dispose d'un réservoir d'une cinquantaine de joueurs de niveau international, c'est déjà exceptionnel ! La musique essaiera donc de traduire tous ces sentiments et réalités dont les dimensions épiques sont celles de héros antiques transposées à notre époque.

Trois chapitres évoqueront cette mythologie moderne au pays de la samba, de la bossa nova, à la mesure de O mito do 'país do futebol'.

     I. Erãos : car il s’agit bien d’amour, entre un peuple et son sport national, qui domine aussi la planète. A tel point que pour être élu président de son pays, il vaut mieux aujourd'hui être afficionado du football... Du côté du joueur, être le meilleur dans ce jeu apporte une dimension de "roi du monde" car le classement FIFA est aussi important dans la tête des peuples que le classement de l’ONU, du FMI ou de l’OCDE, voire de Shangaï. Il permet aux élites de ce sport de vivre comme des nababs et l'équipe qui gagne tous les quatre ans est souvent décrite comme étant "sur le toit du monde". Eros aussi parce que le Brésil est l’Eden rêvé du plaisir et des fêtes dans la psyché mondiale. Eros enfin car la caresse que les footballeurs brésiliens portent à l’objet sphérique de leur désir est au-delà de la passion et de la dévotion.
     II. Chronãos : parce que le footballeur brésilien est très pressé sur le terrain, dans ses gestes comme dans ses dribbles. Il n’est même plus possible de les visionner à la télévision tant ils sont rapides par moments, tant la vélocité de ces jambes dépassent par instants la capacité de la caméra en 24 ou 30 images par seconde. Le temps de l’artiste semble compté et accéléré dans les phases de jeu intenses. Tous les matches dans tous les stades sont désormais celui de sa vie. Il devra alors courir le plus vite possible balle au pied ou mourir dans l’arène antique, comme si un prédateur affamé était à ses trousses.
     III. Thanatãos : parce qu’il s’agit bien là de mort, même symbolique. Le football mondialisé - à l’instar des événements sportifs globaux - est devenu depuis un siècle un nouveau vecteur de lutte et de concurrence entre pays, régions, villes, classes sociales pauvres et riches, un paramètre universel de progrès individuel et collectif. Les footballeurs nationaux de niveau international ont rang d’ambassadeurs. En cas de victoire, ils sont dorénavant décorés des plus hautes distinctions autrefois réservées aux héros survivants des champs de bataille. Le footballeur brésilien a un impératif : il doit gagner. Une exigence quelque peu différente de celle du fondateur des Jeux Olympiques modernes, le français Pierre de Coubertin pour qui, à la fin du XIXème siècle, « L’essentiel est de participer ». Une hérésie pour le footballeur brésilien, car peu importe sa vie qui n’est que de peu de poids face à l’obligation de résultat. Celle-ci l’oblige souvent à partir loin de ce pays si absolutiste en cette discipline et envers ses stars. Elles sont certes bien payées mais elles doivent plus que mouiller le maillot sur le terrain, de larmes, de sueur et pourquoi pas de sang ! Si le footballeur brésilien mourait sur le terrain, le peuple n’y trouverait rien à redire et des menaces de mort pleuvent quelquefois aussi à l’occasion de mauvais résultats. Même si son plaisir de jouer est immense, sa course après le ballon ressemble fort souvent à une samba avec la faucheuse.

I. Erãos (aria)

2'30"

II. Chronãos (ostinato)

2'20"

III. Thanatãos (tsambo)

3'50"

     
Total Time :

8'40"









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