|
On n'peut plus s'ecouter
sans s'passer par les armes de nos mots.
On s'tue a coup d'verites,
de lachetes, d'obedience aux bravos.
Voir, marcher, penser,
devier, s'epancher, pencher
comme la tour de Pise.
etre soi-meme, quoi qu'on dise,
et vivant a sa guise
dans les modes
ou "carrement" hors des normes
qui assomment et nous bornent,
etiquettent et nous fouettent
des la premiere pirouette.
On n'peut plus s'embrasser
sans penser au couteau dans notre dos,
sourire et devisager
sans etre un "facho", "coco", "catho", "prolo",
rire dans la nuit sans entendre "He, he, he !
T'es heureux, mec ! On va t'trouer la peau !",
au bord de la rue se rendre
sans risquer, cent fois, de voler vers "l'hosto".
Voir, courir, traverser ...
On n'veut plus ecouter
ce qu'il y a de beau dans le coeur de l'un.
On n'sait plus que marcher,
dans la queue, sans vouloir rebrousser chemin.
Croire, aimer, panser ...
Janvier 1986
ça me rend dingue cette bouffe synthetique
|
|